Le drone de pulvérisation s’impose peu à peu comme une alternative au pulvérisateur traditionnel en vigne et en arboriculture, en particulier sur les parcelles en forte pente, humides ou difficiles d’accès. Au-delà de l’accessibilité, une question revient systématiquement : le drone agricole fait-il vraiment gagner du temps ?
Pauillac
(33)
Etude de la vitesse du traitement par drone
1 hectare à plat et d'un seul bloc
Pour y répondre, nous avons comparé les temps de traitement réels du drone agricole DJI Agras T50 à ceux d’un pulvérisateur enjambeur face par face 7 rangs, sur une même parcelle et à deux stades végétatifs distincts : début de floraison et pleine végétation. Chaque passage a été chronométré sur le terrain, puis ramené à l’hectare pour obtenir une comparaison directe.


En vigne comme en arboriculture, la fenêtre de traitement est courte : conditions météo, stade phénologique, portance des sols après une pluie. Le pulvérisateur enjambeur, bien que performant, reste dépendant de l’état du sol et de la topographie de la parcelle. Le drone de pulvérisation, lui, s’affranchit d’une grande partie de ces contraintes.
Sur sol détrempé ou juste après un épisode pluvieux, le drone peut voler là où l’enjambeur reste au hangar. La fenêtre de traitement est mieux exploitée.
Fortes pentes, terrasses, petites parcelles morcelées, vergers denses : le drone traite des surfaces jusqu’ici compliquées, voire impossibles, à couvrir avec un engin au sol.
Selon le stade végétatif et le débit appliqué, le drone traite 3 à 5 fois plus vite qu’un pulvérisateur 7 rangs — de quoi couvrir davantage de surface sur une même journée d’intervention.
Vous souhaitez en savoir plus sur les drones agricoles ?
Les mesures ont été réalisées avec un drone de pulvérisation DJI Agras T50, équipé d’une cuve de 40 litres, réglé et piloté selon les préconisations correspondant au stade végétatif de la vigne.
Deux protocoles ont été comparés :
Chaque temps de traitement a été chronométré sur le terrain, puis ramené à l’hectare pour permettre une comparaison directe avec le pulvérisateur enjambeur face par face 7 rangs. Sur la même parcelle et à une vitesse de 6 km/h, ce dernier affiche un temps de référence de 1h15 à 1h30 par hectare.


Les deux protocoles confirment un gain de temps très net du drone face au pulvérisateur classique. L’écart est d’autant plus marqué que le débit appliqué est faible.
À ce jour, la qualité d’application semble même meilleure entre 15 et 18 km/h qu’à 10 km/h. À ces vitesses, on peut estimer le temps de traitement autour de 15 minutes/ha.
2 pylônes inspectés en 36 minutes, sans aucune intervention humaine en hauteur.
Imagerie haute résolution et thermographie infrarouge pour une détection fiable des anomalies.
Trajet de vol sauvegardé dans DJI Pilot 2, redéployable à l’identique pour les futures campagnes.
Oui. Ramené à l’hectare, le drone traite en 18 à 24 minutes selon le stade végétatif, contre 1h15 à 1h30 pour un pulvérisateur enjambeur 7 rangs. Le gain de temps va de 3 à 5 fois selon le débit appliqué.
Le débit dépend du stade végétatif. En début de floraison, le feuillage est peu développé : un débit plus faible suffit à assurer la couverture. En pleine végétation, le feuillage est plus dense et demande davantage de bouillie pour obtenir une pulvérisation homogène.
Oui. Le drone intervient sur sol détrempé, en forte pente ou juste après un épisode pluvieux — des situations dans lesquelles un pulvérisateur enjambeur resterait immobilisé.
Ce protocole a été mesuré sur vigne, avec des réglages de débit et de vitesse adaptés à la densité du feuillage. La comparaison est transposable à d’autres cultures, mais le débit à l’hectare doit être pris en compte : plus il est élevé, plus les sessions de recharge du drone sont fréquentes, ce qui allonge le temps de traitement réel.
Le drone de pulvérisation permet de traiter vignes et vergers plus rapidement, y compris sur des parcelles inaccessibles aux engins classiques. Nous avons mesuré l’écart réel avec un pulvérisateur enjambeur face par face 7 rangs.