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Le drone de pulvérisation permet de traiter vignes et vergers plus rapidement, y compris sur des parcelles inaccessibles aux engins classiques. Nous avons mesuré l’écart réel avec un pulvérisateur enjambeur face par face 7 rangs.

Antoine Paillette
Agriculture

Pulvérisation par drone : gain de temps réel ?

Le drone de pulvérisation s’impose peu à peu comme une alternative au pulvérisateur traditionnel en vigne et en arboriculture, en particulier sur les parcelles en forte pente, humides ou difficiles d’accès. Au-delà de l’accessibilité, une question revient systématiquement : le drone agricole fait-il vraiment gagner du temps ?

Localisation

Pauillac
(33)

Durée de mission

Etude de la vitesse du traitement par drone

Surface couverte

1 hectare à plat et d'un seul bloc

Pour y répondre, nous avons comparé les temps de traitement réels du drone agricole DJI Agras T50 à ceux d’un pulvérisateur enjambeur face par face 7 rangs, sur une même parcelle et à deux stades végétatifs distincts : début de floraison et pleine végétation. Chaque passage a été chronométré sur le terrain, puis ramené à l’hectare pour obtenir une comparaison directe.

 

Enjeux du projet

En vigne comme en arboriculture, la fenêtre de traitement est courte : conditions météo, stade phénologique, portance des sols après une pluie. Le pulvérisateur enjambeur, bien que performant, reste dépendant de l’état du sol et de la topographie de la parcelle. Le drone de pulvérisation, lui, s’affranchit d’une grande partie de ces contraintes.

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Une disponibilité quai permanente

Sur sol détrempé ou juste après un épisode pluvieux, le drone peut voler là où l’enjambeur reste au hangar. La fenêtre de traitement est mieux exploitée.

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L'accès aux parcelles difficiles

Fortes pentes, terrasses, petites parcelles morcelées, vergers denses : le drone traite des surfaces jusqu’ici compliquées, voire impossibles, à couvrir avec un engin au sol.

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Un gain de temps considérable à l'hectare

Selon le stade végétatif et le débit appliqué, le drone traite 3 à 5 fois plus vite qu’un pulvérisateur 7 rangs — de quoi couvrir davantage de surface sur une même journée d’intervention.

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Méthodologie et outils

Les mesures ont été réalisées avec un drone de pulvérisation DJI Agras T50, équipé d’une cuve de 40 litres, réglé et piloté selon les préconisations correspondant au stade végétatif de la vigne.

Deux protocoles ont été comparés :

  • Début de floraison
    Vitesse de vol de 10 km/h, débit de 120 L/ha. C’est le réglage classique en tout début de campagne, avant la fermeture du feuillage.
  • Pleine végétation
    Vitesse de vol de 15 km/h, débit de 200 L/ha. Le feuillage plus dense impose un volume de bouillie plus important pour garantir une bonne couverture.

 

Chaque temps de traitement a été chronométré sur le terrain, puis ramené à l’hectare pour permettre une comparaison directe avec le pulvérisateur enjambeur face par face 7 rangs. Sur la même parcelle et à une vitesse de 6 km/h, ce dernier affiche un temps de référence de 1h15 à 1h30 par hectare.

Résultats obtenus

Les deux protocoles confirment un gain de temps très net du drone face au pulvérisateur classique. L’écart est d’autant plus marqué que le débit appliqué est faible.

  • Début de floraison : jusqu’à 5 fois plus rapide
    Ramené à l’hectare, sur un débit de référence de 100 L/ha à 10 km/h, le drone traite en 19 minutes/ha, contre 1h15 à 1h30/ha pour le pulvérisateur 7 rangs. Soit un traitement 4 à 5 fois plus rapide à ce stade végétatif.

    À ce jour, la qualité d’application semble même meilleure entre 15 et 18 km/h qu’à 10 km/h. À ces vitesses, on peut estimer le temps de traitement autour de 15 minutes/ha.

  • Pleine végétation : jusqu’à 3,75 fois plus rapide
    Avec un débit plus élevé de 200 L/ha à 15 km/h, le drone traite l’hectare en 22 minutes, contre 1h15 à 1h30/ha pour le pulvérisateur enjambeur face par face 7 rangs
Inspection sans exposition au risque

2 pylônes inspectés en 36 minutes, sans aucune intervention humaine en hauteur.

Données visuelles et thermiques croisées

Imagerie haute résolution et thermographie infrarouge pour une détection fiable des anomalies.

Mission automatisée et réplicable

Trajet de vol sauvegardé dans DJI Pilot 2, redéployable à l’identique pour les futures campagnes.

Questions fréquentes

Le drone de pulvérisation est-il plus rapide qu'un pulvérisateur classique ?

Oui. Ramené à l’hectare, le drone traite en 18 à 24 minutes selon le stade végétatif, contre 1h15 à 1h30 pour un pulvérisateur enjambeur 7 rangs. Le gain de temps va de 3 à 5 fois selon le débit appliqué.

Pourquoi le débit varie-t-il entre 100 L/ha et 200 L/ha ?

Le débit dépend du stade végétatif. En début de floraison, le feuillage est peu développé : un débit plus faible suffit à assurer la couverture. En pleine végétation, le feuillage est plus dense et demande davantage de bouillie pour obtenir une pulvérisation homogène.

Le drone peut-il traiter dans des conditions où le pulvérisateur classique ne peut pas ?

Oui. Le drone intervient sur sol détrempé, en forte pente ou juste après un épisode pluvieux — des situations dans lesquelles un pulvérisateur enjambeur resterait immobilisé.

Sur quelles cultures ce comparatif s'applique-t-il ?

Ce protocole a été mesuré sur vigne, avec des réglages de débit et de vitesse adaptés à la densité du feuillage. La comparaison est transposable à d’autres cultures, mais le débit à l’hectare doit être pris en compte : plus il est élevé, plus les sessions de recharge du drone sont fréquentes, ce qui allonge le temps de traitement réel.

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